Et oui, samedi, nos Français ont livrés face à l'Irlande un très beau match, mais sont tombés sur plus forts qu'eux !!! En effet, ils ont perdus 30 à 21 à Croke Park !!!
L'apprentissage se poursuit dans la défaite pour le XV de France, dominé (30-21) samedi, à Dublin, par l'Irlande, en ouverture du Tournoi. Ce qu'ils ont gagné en revenant à un jeu ambitieux, les Bleus l'ont gâché par un manque de rigueur sur les fondamentaux et une certaine naïveté vis à vis de l'arbitrage discutable de M. Owens. Une déception pour le staff, qui s'il a reconduit son groupe pour l'Ecosse, promet une sévère remise en cause.
Toulouse ne s'est pas fait en un jour. On dit le projet de jeu de cette nouvelle équipe de France librement inspiré de celui qui fait depuis des décennies maintenant le bonheur du club de la Ville Rose. Seulement quand Guy Novès peut se vanter du long travail de patience qu'il lui a fallu à lui et à d'autres pour bâtir cette institution du jeu et des résultats - une oeuvre qu'il défend à ce titre becs et ongles, ironie de l'histoire, contre la sélection nationale - les Bleus de 2009, et ce n'est pas nouveau, doivent se contenter d'un petite semaine de reprise de contacts pour préparer une ouverture du Tournoi dans l'enfer vert de Croke Park.
Forcément, et malgré toute la bonne volonté du monde, ça s'est vu à Dublin samedi... La jeunesse tricolore de Marc Lièvremont avait chaussé de nouveau ses semelles de vent, passeport pour un jeu à nouveau libéré et ambitieux, concrétisé par deux essais magnifiques. "Il y a longtemps qu'on n'avait pas mis à ce point une défense à mal", apprécie Emile Ntamack, en charge des arrières français. Seulement, les Tricolores avaient dans le même temps oublié aux vestiaires leur bleu de chauffe, celui des tâches plus obscures mais ô combien fondamentales. Une panoplie incomplète qui au final ne leur a laissé dans la bouche qu'un goût de frustration et le sentiment de n'avoir pas été récompensés pour leur investissement indéniable de la première à la dernière minute de jeu. Une implication toutefois aux allures de trompe-l'oeil tant les Bleus ont mis l'accent sur le jeu d'attaque au détriment du combat et notamment d'une défense pointée aux abonnés absents. Un déséquilibre criant qui ne fera que s'accentuer au fil du match à mesure que le XV de France s'usait à courir après le score...
Médard: "On s'est fait plaisir avec de belles relances..."
A écouter Maxime Médard, auteur du deuxième essai français sur une merveille de jeu au pied de son ouvreur, Lionel Beauxis, on mesure mieux à quel point les joueurs de Lièvremont, Ntamack et Retière ont eu une lecture sélective du plan de jeu d'avant-match, qui prônait un "Osez !" sans ambiguïtés: "On s'est fait plaisir avec de belles relances, mais on n'a pas su concrétiser nos temps forts. Il y a de quoi être déçu, eux, à chaque fois qu'ils venaient dans nos 22 mètres, ils nous poinçonnaient par 3 points ou un essai." A mettre du jeu sans faire preuve de réalisme, les Français se sont d'autant plus brûlés les ailes que les Irlandais, plus pragmatiques que jamais, ont réalisé un quasi 100 % sur leurs initiatives. L'expérience au pouvoir des O'Gara, O'Driscoll et autre D'Arcy...
Au coeur d'un paquet d'avants, piégé par cette débauche d'énergie mobilisée par ce jeu au large inefficace, Imanol Harinordoquy avouait sans détours les raisons de ce mauvais investissement: "On court un peu dans le vide et on n'est pas vraiment présent dans le combat, ce qui fait que lorsqu'il faut arriver avec de la force autour du ballon dans leur camp, on a été un peu isolé et les soutiens un peu en retard. On y a laissé beaucoup d'énergie." D'où cette multitude de franchissements de la ligne de défense irlandaise sans lendemain et de plus en plus éreintants pour les organismes: "Quand vous décidez de jouer tous les ballons, ça court, c'est dur...", rejoignait ainsi Beauxis au nom des arrières.
Marqué lui aussi par cette faillite forcée sur les bases même du jeu, Thierry Dusautoir, autre membre de cette troisième ligne coureuse et athlétique voulue par les sélectionneurs, avait bien du mal à digérer la pilule: "C'est vrai qu'on a produit énormément de jeu et beaucoup d'occasions, mais la frustration est là parce qu'on a l'impression d'avoir fait 80 % du jeu. Malheureusement, on n'était pas suffisamment rigoureux dans les phases de rucks, au niveau des déblayages et de la discipline." Des secteurs élevés au rang de vertus cardinales chez des Irlandais, composés en majeure partie par la phalange du Munster et son paquet roi du jeu au contact. Des rucks qui ont enterré les espoirs de victoire des visiteurs du soir de Croke Park.
Des rucks où M. Owens, l'arbitre de la rencontre s'en est donné à coeur joie pour infliger aux Bleus un terrible et rédhibitoire 14-2 au nombre de pénalités concédées par les deux équipes. Le coup de sifflet du Gallois, déjà à l'oeuvre lors de la finale de la dernière H-Cup entre Toulouse et le Munster, revenait en boucle à l'issue du match dans les bouches des Tricolores comme un sujet d'incompréhension la plus totale, même si aucun ne se risquait à crier au scandale: "On a été très très sanctionné par l'arbitre, constatait ainsi Dusautoir. "Après quant à savoir s'il a été spécialement sévère avec nous, je ne sais pas, en tout cas, c'est une des clés du match..." Et le très sage Jauzion de remettre les choses à leur juste place: "Les arbitres sont professionnels et ils essaient d'être neutres, ce qui a été le cas. Mais peut-être n'avons-nous pas été présents assez tôt sur les ballons."
Voilà tout !!!
Mais ils vont se reprendre, se remobiliser et seront à leur meilleur niveau samedi prochain face à l'Ecosse au Stade de France !!!
Ils resteront de toute façon, pour moi, toujours les meilleurs !!!!
VIVE LE XV DE FRANCE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!